Entre le quartier des Gibjoncs, perché sur le calcaire de Beauce, et la vallée de l’Yèvre près du centre-ville de Bourges, les conditions de sol changent radicalement en moins d’un kilomètre. C’est le défi numéro un quand on projette un tunnel dans l’agglomération berruyère : passer d’un substratum calcaire fracturé à des alluvions argilo-limoneuses pratiquement sans cohésion. L’analyse géotechnique pour tunnels en sols mous ne se résume pas à enfoncer une tarière. Ici, le niveau de la nappe varie entre 2 et 4 mètres sous la surface selon la saison, et les limons de débordement de l’Yèvre et de l’Auron développent une plasticité qui piège les tunneliers mal paramétrés. Une campagne bien calée combine généralement des sondages carottés dans le calcaire et des essais au pénétromètre statique dans les zones molles, avec un suivi piézométrique sur plusieurs cycles hydrologiques. On voit trop souvent des études expédiées en trois semaines qui passent à côté d’une lentille tourbeuse ou d’une poche d’argile sensible, et c’est là que les ennuis commencent au front de taille.
Dans les limons de l’Yèvre, une cohésion non drainée sous 15 kPa change toute la stratégie de confinement.
