Sur le chantier de réhabilitation du quartier des Gibjoncs, nous avons vu un maître d'ouvrage perdre trois semaines parce que le sol sous la future dalle ne réagissait pas comme prévu au compactage. Une simple analyse granulométrique par tamisage et sédimentométrie aurait révélé en 48 heures la proportion exacte de fines argileuses qui retenaient l'eau et empêchaient la densification. À Bourges, où les formations superficielles mêlent souvent des limons de plateau et des sables issus de la dégradation des calcaires du Berry, connaître la distribution granulométrique d'un sol n'est pas un luxe technique, c'est la base de toute décision de terrassement, de drainage ou de choix d'une couche de forme. Nous réalisons cet essai en laboratoire selon les normes NF P94-056 et NF P94-057, en couplant le tamisage à sec et par voie humide jusqu'à 80 µm avec la méthode de l'hydromètre pour les particules fines inférieures à 80 µm, ce qui permet d'obtenir une courbe continue et exploitable pour les bureaux d'études et les entreprises de travaux publics du département du Cher. Dans les zones sensibles au retrait-gonflement des argiles, classées en aléa moyen à fort sur plusieurs communes autour de Bourges, cette courbe granulométrique devient un document clé pour évaluer le risque avant même d'envisager une solution de stabilité de talus ou un dimensionnement de fondation rigide.
Une courbe granulométrique bien interprétée évite de traiter un sol qui n'en a pas besoin ou, pire, de ne pas traiter un sol qui en a cruellement besoin.
